SLPJ 2017 : Bilan et découvertes

Coucou les Fox ! 🦊

La semaine du 29 Novembre au 4 Décembre 2017 s’est tenu à Montreuil l’un des plus grands salons littéraires de l’année : celui du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse (SLPJ). Depuis que je vis à Paris, je ne ne rate aucune occasion d’y aller d’autant plus que pour les étudiants on peut obtenir un pass illimité. C’est l’occasion de rencontrer les auteurs d’albums et de romans qui ont bercé notre enfance et adolescents. Un salon a grand ambition car il accueille aussi bien des auteurs européens, qu’américains, asiatiques ou encore africains. Les grandes maisons d’éditions ainsi que les plus petites sont aussi représentées ce qui permet de trouver de vrais pépites en matière de livres jeunesses.

De plus, le salon s’accompagne toujours d’une exposition à thème. Cette année c’était sur Les représentations de l’enfance dans la littérature jeunesse. On pouvait découvrir à travers différentes maisonnettes le travail d’auteurs-illustrateurs jeunesse leurs souvenirs d’enfance et comment cela s’illustre dans leurs œuvres. Comment le trait, l’univers, la technique d’un illustrateur traduisent-ils sa vision de l’enfance ? À travers des portraits, des postures et des mises en scène de l’enfant en mouvement, dans son environnement et dans son rapport à l’autre, cet espace rassemble les croquis, recherches et illustrations de Beatrice Alemagna, Delphine Bournay, Annabelle Buxton, Audrey Calleja (un vrai coup de coeur cette illustratrice par ailleurs ♥), Mara Cerri, Benjamin Chaud, et Carmen Segovia.

Les différentes illustrations étaient installées sur le principe du Face à Face, à l’image de la websérie inédite ( qu’on peut trouver ICI )qui complète l’expérience et la réflexion du visiteur en sortant. Pour moi c’était une initiative très sympathique. J’adore voir ces échanges plein de bons sens entre le jeune lecteur et l’artiste qui partagent chacun leur sensibilité face au livre et au message qu’une oeuvre jeunesse peut proposer. Le montage est bien pensée ainsi que la bande sonore qui accompagne le tout.

 

Pour le coup, je tenais à vous faire partage mes trouvailles, mes coup de cœurs de cette édition 2017. Aussi bien des livres jeunesse que j’ai pu acheté et obtenu avec une belle dédicace des auteurs que  d’autres que j’ai pu lire sur place pour me les réserver pour plus tard. Peut-être que ça vous aidera à trouver de beaux cadeaux de dernière minute pour faire plaisir à vos proches.

C’est parti !

 

Le Loup et la Petite Fille – Evelyne Mary et Yves Jaffrennou

Editions Rue du Monde – 16 €

https://www.ricochet-jeunes.org/livres/le-loup-et-la-petite-fille

C’est un superbe album. C’est l’histoire d’un loup très méchant qui vivait dans la montagne et d’une petite fille très gentille habitant la vallée avec ses parents. Une rencontre hors norme dans la montagne. Une amitié solide et insolite née. Ils jouent à des jeux tels que « jeu de regarder les nuages juste au dessus des sapins », « jeu de rire sans parler », « jeu du collier de rosée »… Un jour, la petite fille propose au loup de l’emmener dans la vallée, elle veut lui montrer sa chambre et ses jouets et surtout le présenter à ses parents. le loup n’a pas très envie de descendre mais par amitié, il accepte de suivre la petite fille mais tout ne se passe pas comme prévu..

Le texte d’Yves Jaffrennou, puissant et touchant, évoque l’incompréhension des adultes. Il est sublimé par les linogravures résolument contemporaines d’Evelyne Mary. Les couleurs choisies, de l’orange fluorescent au vert et bleu profond sur fonds blancs, se mêlent à ce conte moderne dans lequel le loup apparaît très humain. Les deux artistes évoquent la différence et la peur de l’autre, ainsi que l’insouciance de l’enfance tout en nous délivrant un beau message, celui de l’espoir : la petite fille montera encore au sommet de la montagne et vivra malgré le drame qui surviendra. Le gros point positif reste dans les illustrations chargées en symboles : l’ensemble pétille de dynamisme mais aussi d’une certaine froideur de couleurs qui laisserait bien présager la fin.

 

Ondine – Benjamin Lacombe

Editions Albin Michel Jeunesse – 19 €

Inspiré par les textes de Friedrich de La Motte-Fouqué et la pièce de Jean Giraudoux, Benjamin Lacombe propose sa version du mythe d’Ondine, où prédominent des images très picturales faisant écho aux peintures de Millais ou Waterhouse. Par un savant jeu de calques imprimés, il fait émerger toute la sensualité et la transparence de cet univers aquatique. L’histoire nous entraîne dans un monde obscur qui a pour toile de fond la « terrible Forêt-Noire ». Un monde peuplé par les esprits des eaux (les ondins) dont la douce Ondine fait partie.

Née sans conscience et sans remords, recueillie par une famille de paysans pauvres mais aimants, Ondine aspire à posséder une âme. Elle doit pour cela se faire aimer d’un homme. Par un jeu de calques imprimés, Benjamin Lacombe nous plonge dans un univers aquatique, à la fois sensuel et inquiétant. La page est grignotée d’arabesques, surgies d’une pluie d’encre et de nuits abyssales où apparaît quelques lumières émises par la chevelure d’Ondine. Etant fan de la première heure de cette auteur, j’ai pu repartir avec une nouvelle histoire loin de ses travaux habituels et une belle dédicace !

Tout Autour – Ilya Green

Editions Didier Jeunesse – 20€

Dans cet album autobiographique, Ilya Green nous parle de la disparition d’un être cher. L’histoire d’une petite fille qui perd sa maman et qui malgré sa peine, apprendra peu à peu à reprendre le cours de sa vie et à s’ouvrir à nouveau aux autres. Un album touchant et intimiste. Tout Autour retrace le dur chemin qui mène du deuil à la renaissance face à la perte d’un proche, avec un ton juste et neutre très abordable pour les plus petits. Même l’adulte lecteur ne peut y être insensible au doux message porté.

C’est une illustratrice que je ne connaissais pas mais la couverture très poétique et travaillée a tout de suite su m’attirer lors de ma ballade au salon. L’album est un véritable bijou une couverture noire magnifique ornée de branches d’arbres dans les tons de doré. On retrouve dans certaines pages, ce même duo de couleurs qui fonctionne très bien avec toutes les teintes d’ocre, de beige et d’orangé que l’on retrouve dans le reste du livre. Les textes sont comme suspendus dans le temps, ils nous laissent suffisamment de place pour aborder le délicat sujet de la mort avec notre propre sensibilité. Les illustrations sont empreintes de couleurs pastels, des gros traits, au sein de paysages de campagnes foisonnantes rappelant parfois les mouvements artistiques hippies des années 80.  Cet album est un vrai coup de cœur, car il m’a profondément touchée. J’ai pu avoir un agréable échange avec  Ilya Green et repartie avec une belle dédicace.

 

Nos Vacances – Blexbolex

Editions Albin Michel Jeunesse – 18€

 

L’un de mes petits chouchous de cette année bien que je n’ai pas eu l’occasion de l’acheter pour l’instant. Mais j’ai pu plaisir à le feuilleter sur le salon et c’est une véritable Pépite littéraire à l’image de la récompense qu’il a obtenu cette année celui de la Pépite d’or du salon du livre jeunesse 2017.

Ce dernier album, que Blexbolex a mis quatre ans à fabriquer, raconte les vacances d’une petite fille chez son grand-père. On y croise un éléphanteau arrivé par le train et un petit garçon. Une série d’événements se succèdent, qui forment une ou plusieurs histoires, laissées à l’appréciation ou à l’imagination du lecteur. En effet, « Les vacances » est un livre sans texte, dont la narration repose entièrement sur les images, qui s’organisent sur des doubles pages, dans lesquelles se superposent d’autres images qui font avancer le lecteur dans le récit, ou bien lui font prendre des tangentes, des raccourcis, des sauts dans la pensée, dans les rêves, dans l’imagination.

Les pages sont composées de motifs figuratifs, traités en a plats tramés, avec une mise en couleurs audacieuse, qui mêle des tons neutres, sourds, et d’autres très vifs, jusqu’au fluo parfois. Le résultat est étonnant, servi par une fabrication de grande qualité avec un beau papier tramé qui fait échos à la matière graphique travaillée par l’auteur, une couverture aux finitions très soignées, donnant au livre un aspect précieux et suscitant chez le lecteur un mélange de surprise et de nostalgie.

 

Voilà, j’espère que cette petite sélection vous aura inspirer.

Prenez soin de vous !

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